Quelques jours à Cracovie : c’est comme ça que ce voyage en Pologne devait commencer. À l’origine, nous avions simplement prévu un long week-end entre amies dans l’ancienne capitale polonaise. Mais un changement d’horaires de vols nous a finalement permis d’ajouter quelques étapes supplémentaires au programme.

Des rues animées de Cracovie aux montagnes des Tatras, en passant par Zakopane, les mines de sel ou encore Auschwitz, ce city-trip s’est finalement transformé en petit road-trip à travers le sud de la Pologne. Voici le récit de ces quelques jours entre villes, montagnes, pierogi et bains chauds.

Pour retrouver tous les détails pratiques de cette semaine en Pologne , mon itinéraire, notre budget, mes conseils et quelques lieux incontournables à découvrir sans tarder… C’est par ici!

Une semaine en Pologne : itinéraire, que faire, budget et conseils

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Itinéraire

Jour 1 : Zakopane et les Tatras

 

Arrivées à l’aéroport de Cracovie, on récupère la voiture réservée via BSP-Auto et on quitte déjà la ville.
L’idée n’était pas prévue au départ, mais une journée en plus suffit parfois à faire naître des envies d’ailleurs. Le destin a frappé, on ne pouvait que s’incliner !
Direction les Tatras.

À peine une heure trente de route nous sépare des montagnes. Je prends peu à peu mes marques sur l’autoroute tandis que les horizons s’ouvrent. Au loin, les crêtes enneigées apparaissent comme une promesse.

road-trip en pologne, voiture de location

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Situées à la frontière entre la Pologne et la Slovaquie, les Tatras forment la partie la plus élevée des Carpates. Un décor alpin, fait de reliefs marqués et de vallées ouvertes. Ici, le paysage est plus dégagé qu’on ne l’imaginait. Peu de forêts, mais de larges vues, ponctuées de chalets aux toits si particuliers, très inclinés pour résister aux fortes chutes de neige : les fameux toits de Zakopane.

Sur la route, le rythme ralentit naturellement. On a un peu de peine à comprendre les limitations qui changent souvent, notamment à l’approche des villages, et ne sont pas toujours très lisibles quand on ne connaît pas le pays.

Une halte dans une supérette pour improviser le déjeuner… et une erreur d’adresse dans le GPS plus tard, on tombe sur une magnifique clairière face aux sommets… Ah, ces belles surprises impromptues propres aux road-trips, guidées par le lâcher-prise et la curiosité… 🤍

road-trip en pologne, Tatras

 

Une pause-sandwich avec vue s’il-vous-plaît ! Assises sur un banc, à l’écart des foules, le regard porté au loin sur les crêtes enneigées, on savoure ce premier contact paisible avec les Tatras, tels qu’on les imaginait… un contraste d’autant plus marqué avec le tableau qui nous attend à l’arrivée du funiculaire de Gubałówka.

Construit dans les années 1930, ce dernier, long de 1298 mètres et franchissant environ 300 mètres de dénivelé, permet d’atteindre en à peine trois minutes les hauteurs de Zakopane. Une ascension rapide… vers un sommet largement transformé par le tourisme.

 

funiculaire de Gubałówka, tatras, road-trip en pologne

Je dois l’avouer : je suis un peu déçue.
Je m’attendais à un point de vue un peu hors du temps, ouvert sur les montagnes… et je découvre un lieu très aménagé, presque saturé de restaurants et d’échoppes.
La vue est là, indéniablement belle, voire sublime, mais l’ambiance enlève une partie du charme que j’étais venue chercher.

funiculaire de Gubałówka, tatras, road-trip en pologne

On poursuit tout de même avec une courte balade dans le village, puis en direction du point de vue Butorowy Wierch. Le chemin qui y mène évoque presque un marché de Noël à ciel ouvert, tant les chalets de souvenirs et les petites attractions s’y enchaînent.

funiculaire de Gubałówka, tatras, road-trip en pologne

 

Peu importe, l’air frais de la montagne revigore toujours, et on finit la journée aux thermes de Bukovina.

La région des Tatras est réputée pour ses eaux thermales, riches en minéraux et chauffées naturellement par l’activité géothermique. De nombreux établissements ont vu le jour autour de Zakopane, offrant une pause bien-être après une journée en montagne.

Parmi les plus connus, on retrouve ceux de Chochołów, mais on leur a préféré les thermes de Bukovina, un peu plus excentrés et que l’on imaginait plus tranquilles.

En réalité, ils sont immenses… et très prisés des Polonais.

thermes de bukovina, tatras, pologne

 

À l’extérieur ? Plusieurs bassins chauffés entre 37 et 40 degrés , qui permettent de se détendre face aux montagnes, la vapeur s’élevant dans l’air frais du soir.  À l’intérieur ? Bains à bulles, jets hydromassants et toboggans complètent l’expérience, entre détente et ambiance plus ludique. Peu à peu, on efface les tensions des dernières semaines et la fatigue liée au réveil matinal.

thermes de bukovina, tatras, pologne

 

Après cette journée bien remplie, on pose enfin nos valises pour la nuit à l’hôtel Bambi Boutique.
Un magnifique hôtel à l’architecture typique, tout en bois, comme un chalet posé là pour ralentir un peu le temps. Je l’ai choisi pour son ambiance chaleureuse et cosy, presque enveloppante… mais aussi, je l’avoue, pour son nom. Ma fille est fan de Bambi depuis quelques semaines, impossible de résister à ce petit clin d’œil, même si elle n’est pas de la partie pour ce séjour.

hôtel bambi boutique, zakopane hôtel bambi boutique, zakopane

 

On aurait presque envie de ne plus bouger, de s’emmitoufler et de laisser la journée se terminer ainsi.
Mais non… l’estomac, lui, n’est pas du même avis.

Alors on ressort, affamées, à la recherche d’un bon dîner.
Et pour cette première soirée, j’ai déniché une adresse qui s’annonce déjà comme une parenthèse gourmande idéale :Karczma Czarci Jar, une adresse familiale à l’atmosphère chaleureuse.

 

Karczma Czarci Jar, ZAKOPANE

 

Le lieu s’inscrit dans la tradition des karczmas, ces auberges typiques des montagnes polonaises, où l’on vient autant pour manger que pour s’immerger dans une ambiance. Bois brut, grandes tables, décoration rustique… tout évoque la culture des Górale, les habitants des Tatras.

 

Ici, les plats, polonais bien évidemment, sont cuisinés sur place, dans une ambiance typique, presque hors du temps. La cuisine est traditionnelle, généreuse et pleine de saveurs, avec un assaisonnement particulièrement réussi. Le serveur, à la fois drôle et attentionné, participe lui aussi à rendre le moment encore plus agréable. Bon… on peut le dire : j’ai assuré sur ce coup-là, non ?

 

 

Jour 2 : Dolina Koscieliska et le lac Smreczynski Staw

 

Au petit matin, Zakopane se réveille sous un ciel d’acier. Les sommets jouent à cache-cache avec les nuages tandis qu’on enfile une couche de plus avant de prendre la route. Le ciel est lourd, presque menaçant, et la météo annonce des averses, voire même quelques chutes de neige. Bienvenue dans la montagne polonaise fin avril !

hôtel bambi boutique, zakopane

 

On décide malgré tout de s’en tenir au programme initial : une balade (conseillée par l’IA, je tiens à me dédouaner !) d’environ 5 km autour du lac Smreczyński, dans la vallée de Kościeliska, à une trentaine de minutes de Zakopane.

hôtel bambi boutique, zakopane

On prend la route et on se gare sur un parking encore vide à cette heure matinale, avant d’entrer dans le parc national, découvrant au passage que l’accès est payant (environ 10 à 15 PLN).

Très vite, on s’enfonce dans la vallée, longeant une rivière agitée par la fonte des neiges. Le paysage est somptueux, presque mystérieux sous la brume qui enveloppe les sommets, ponctué de cascades et de quelques crocus qui annoncent timidement le printemps.

vallée de Kościeliska, polognevallée de Kościeliska, pologne

 

Malgré la popularité du site, le cadre reste préservé, et la randonnée particulièrement agréable. De nombreux sentiers sillonnent le parc : nous avons suivi celui menant au lac, mais bien d’autres restent à explorer.

vallée de Kościeliska, pologne

 

Mais au bout d’une heure de marche… toujours aucune trace du lac.
Sans réseau, on avance au feeling, jusqu’à ce que deux femmes croisées sur la route nous annoncent qu’il ne reste “qu’un kilomètre”.

Une bonne demi-heure plus tard… toujours pas de lac en vue. On comprend alors qu’on n’a visiblement pas toutes la même définition du “un kilomètre”. ^^’

vallée de Kościeliska, pologne

En réalité, le lac se mérite : près de 7 km pour l’atteindre, soit environ 14 à 15 km aller-retour, avec 200 mètres de dénivelé. (Merci ChatGPT pour ses conseils 😄) Une “petite balade” comme on les aime… ou presque.

À notre arrivée, fin avril, on éclate de rire : le lac est encore gelé.
L’important, c’est le chemin, pas la destination, non ?

vallée de Kościeliska, pologne

 

Sur les bords, la glace commence à céder, laissant apparaître quelques zones d’eau où des canards viennent quémander des miettes. On prend le temps de profiter, puis on entame la redescente, plus rude que prévu … Les chemins sont encore partiellement enneigés,  parfois glissants, comme Mélanie en fait cruellement l’expérience. Le froid commence à se faire sentir. Le vent est glacial, et après plusieurs heures de marche dans l’humidité, nos corps commencent à se refroidir sérieusement.

vallée de Kościeliska, pologne

 

Motivées par la perspective d’une bonne part de gâteau et d’un chocolat chaud, on rejoint enfin le parking et le restaurant voisin … Une pause sucrée largement méritée.

Petite surprise : la vallée abrite aussi des ours. Une abonnée m’a même raconté y avoir croisé une mère avec ses petits, vidéo à l’appui. De quoi donner au lieu une dimension plus sauvage encore.

Malgré ces petits imprévus et quelques ajustements au programme, je ne peux que vous recommander l’endroit. En été, sous un ciel ensoleillé, les couleurs doivent être presque féériques. La balade semble sans doute plus douce avec quelques degrés de plus, et surtout, le lac Smreczyński Staw mérite largement ces quelques kilomètres de marche, avec ses beaux reflets et son atmosphère intimiste.

vallée de Kościeliska, pologne

 

Ce n’est pas tout, mais avec tout cela, l’heure a déjà bien avancé, et après cette longue journée, on décide de rentrer directement à Cracovie. Il nous reste encore près d’1h45 de route. Le plan : faire quelques courses en chemin, puis rejoindre tranquillement notre appartement pour la soirée.

Et surtout… se réchauffer. On est complètement gelées. Tout ce dont on rêve à ce moment-là, c’est d’une bonne douche chaude, et de nettoyer nos chaussures et bas de pantalons couverts de boue ! Heureusement, l’appartement que nous avons loué est équipé d’une machine à laver, avec même de la lessive déjà fournie. -> Pour réserver  une ou plusieurs nuits dans cet appartement, c’est par ici.

Un détail, peut-être, mais clairement apprécié après une journée comme celle-ci.Wawrzyńca Brick Apartment Kazimierz, Cracovie Wawrzyńca Brick Apartment Kazimierz, Cracovie

 

Jour 3 : Retour à Cracovie. Les environs de Cracovie

 

La brume flotte encore entre les falaises lorsque l’on prend la route vers le parc national d’Ojców, le plus petit parc national de Pologne, situé à environ une demi-heure au nord de Cracovie.

Assez méconnu, il reste peu documenté, et j’ai du mal à visualiser un itinéraire clair pour l’explorer.

Sur le moment, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, ce qui rend l’exploration un peu floue… mais aussi plus spontanée. On décide donc de s’y aventurer au hasard.

Première étape : le Château de Pieskowa Skała, connu pour son architecture mêlant styles gothique, Renaissance et baroque. On y fait une courte pause, mais très vite, on réalise que ce n’est pas vraiment ce que l’on cherche ce matin-là. Je n’ai pas spécialement envie de passer des heures à visiter un château… En ce début de printemps, j’ai surtout besoin d’air et de nature, d’autant plus avec une météo bien plus clémente que la veille.

 

Château de Pieskowa Skała, parc d'ojcow

On fait tout de même une courte halte à deux pas, pour photographier le célèbre rocher d’Hercule. Deuxième escale : le Château d’Ojców. Bien moins conservé (c’est le cas de le dire, puisqu’il n’en reste aujourd’hui que des ruines), il marque en réalité l’entrée du cœur du parc.

Château de Pieskowa Skała, et rocher d'hercule, parc d'ojcow

 

C’est ici que partent plusieurs sentiers de randonnée, longeant la rivière Prądnik, en direction des principaux points d’intérêt du parc : la porte de Cracovie, de nombreuses grottes, et Rękawica Rock, une formation rocheuse assez singulière évoquant une main aux cinq doigts.

Après avoir relevé le premier vrai défi de la journée , aka comprendre le fonctionnement du parcmètre (autant dire qu’il fallait presque un bac +2 en polonais pour s’en sortir), on décide d’aller observer ces rochers de plus près.

parc ojcow, porte de cracovie

 

L’ambiance est paisible. Il n’y a quasiment personne. Le lieu est calme, apaisant, presque silencieux. La rivière, ici, s’écoule doucement, loin du tumulte des torrents de montagne. Autour de nous, les falaises calcaires se resserrent peu à peu, laissant apparaître çà et là l’entrée de quelques grottes. Le décor est très différent de celui des Tatras : plus doux, mais tout aussi dépaysant.

 

parc ojcow, porte de cracovie, grottes

Au fil du chemin, on aperçoit la porte de Cracovie, plusieurs grottes… puis on atteint notre destination, à environ une demi-heure de marche, sans même nous en rendre compte : la formation rocheuse n’est pas vraiment indiquée, et se fond parmi les autres rochers alentour. Il faut presque savoir ce que l’on cherche  et surtout se positionner un bon angle pour distinguer cette fameuse “main”.

parc d'ojcow autour de cracovie, pologne parc d'ojcow autour de cracovie, pologne parc d'ojcow autour de cracovie, pologne

 

La balade nous a ouvert l’appétit, et comme nous avons rendez-vous à 15h aux Mines de sel de Wieliczka, on décide de s’attabler dans un petit restaurant du parc, sans prétention : Pierogarnia Babci Marysi.

Le lieu, installé dans un bungalow en bord de route, ne paie pas de mine… L’accueil, plutôt froid, nous donnerait presque envie de faire demi-tour. Mais nous sommes pressées, impossible de chercher une autre option. On s’installe, un peu dubitatives. Et pourtant… quelle belle surprise. On y découvre les fameux pierogi, ces ravioles polonaises farcies, à la pâte encore légèrement moelleuse. Un régal. Ceux au gorgonzola et au miel sont un véritable bijou.

Pierogarnia-Babci-Marysi

Pierogarnia-Babci-Marysi

 

On nous a vivement conseillé les Mines de sel de Wieliczka avant notre départ. Un incontournable, presque mythique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

J’avais volontairement évité de regarder trop d’images pour préserver l’effet de surprise. J’arrive donc sur place sans attentes précises, simplement curieuse.

La visite se fait uniquement en groupe, accompagnée d’un guide. On nous équipe d’écouteurs, un vrai plus pour suivre les explications tout au long du parcours. Des visites en français sont proposées chaque jour à 12h15 et 15h15, mais les créneaux partent vite… Mieux vaut réserver quelques semaines à l’avance.

On s’engage ensuite derrière notre guide, pour une exploration organisée des profondeurs.

Mines de sel de Wieliczka , pologne

 

On s’engage ensuite dans les profondeurs. Première étape : une descente d’environ 400 marches. Impressionnante sur le papier, mais finalement assez accessible. Les marches sont régulières, bien entretenues, et le rythme, soutenu mais soutenable ! À moins d’avoir de réels problèmes articulaires, cela ne pose pas de difficulté particulière.

Mines de sel de Wieliczka , pologne

 

On comprend rapidement, en revanche, qu’il faut tenir le rythme : tout est parfaitement orchestré, chronométré, et les groupes s’enchaînent comme une mécanique bien huilée. C’est parfois un peu frustrant, mais cela évite aussi les temps d’attente.

Au fil de la descente, la guide commence à retracer l’histoire du lieu Exploitée du XIIIe siècle jusqu’en 1996, la mine de Wieliczka est l’une des plus anciennes d’Europe. Aujourd’hui, on n’en découvre qu’un infime fragment : plus de 245 km de galeries, réparties sur neuf niveaux, jusqu’à 327 mètres de profondeur.

Mines de sel de Wieliczka , pologne

 

À l’intérieur, la température reste constante (14 à 16°C) et l’air est étonnamment sec.

Et puis, très vite… on oublie complètement où l’on est. Peut-être dans le Mordor ?

À l’intérieur, la température reste constante toute l’année, autour de 14 à 16 degrés, et l’air est étonnamment sec, bien différent de celui des grottes classiques.

On avance dans des galeries creusées à même le sel, débouchant sur des salles immenses, creusées à même le sel. Tout est sculpté : les sols, les parois, les plafonds… jusqu’aux moindres détails.

Mines de sel de Wieliczka , pologne Mines de sel de Wieliczka , pologne

 

On regarde autour de nous, un peu incrédules. Tout est en sel. Absolument tout.

L’effet est difficile à décrire. Ce n’est ni une grotte, ni un musée… mais quelque chose entre les deux, presque irréel.

Puis vient la chapelle Sainte-Kinga. Le silence s’impose. L’espace est immense, entièrement sculpté dans le sel, des lustres aux statues. On peine à croire que tout cela a été creusé à la main. On prend une vraie claque.

 

Mines de sel de Wieliczka , pologne Mines de sel de Wieliczka , pologne

 

La chambre Michałowice impressionne tout autant, avec ses structures en bois suspendues au-dessus du vide.

À ce moment-là, on oublie le parcours et le timing… on est juste là, à observer, fascinées.

 

Mines de sel de Wieliczka , pologne

J’en perds mes mots pour conclure cette journée riche en découvertes et surprises…

 

Jour 4 : Auschwitz

 

Avant une visite bien plus lourde de sens prévue dans l’après-midi, on profite encore un peu de la douceur du printemps du côté de Zakrzówek.

Cette ancienne carrière, aujourd’hui transformée en lac aux eaux turquoise, se situe à seulement quelques minutes de Cracovie. On y fait une halte en fin de matinée, avant de prendre la direction d’Auschwitz pour notre visite guidée prévue à 13h… puis de rendre la voiture dans la foulée.

Zakrzówek, lac, cracovie

 

À notre arrivée, on suit Google Maps : mauvaise idée. On s’engage dans ce qui nous paraît être une rue, bordée de voitures stationnées de part et d’autre. Ce détail a son importance…

Quelques instants plus tard, une voiture de police nous attend sagement sur le parking. Nous comptions justement leur demander s’il était payant, faute de parcmètre ^^’

Raté.

Un charmant policier nous explique que la route n’est en réalité pas accessible au public, mais réservée aux détenteurs d’un pass. Et au passage, il nous glisse avec amabilité de nous fier aux panneaux polonais plutôt qu’à Google Maps, “qui est américain”.

Message reçu. Même si, de notre côté, on attend toujours notre bac +2 en polonais 😅

Résultat : 100 zlotys d’amende. Un peu dur à avaler pour un parking censé être gratuit…

Zakrzówek, lac, cracovie

 

Sur le moment, je me sens un peu bête, un peu coupable, légèrement stressée. Mais… le soleil est là, le lieu est magnifique, et il me reste manifestement encore 8 points polonais.

Le lac, aux couleurs presque irréelles, est entouré de petites falaises et aménagé avec des passerelles et des zones de baignade, très appréciées des locaux.

Zakrzówek, lac, cracovie

 

Autour, un vaste parc offre un véritable bol d’air. Un endroit parfait pour flâner et s’éloigner, le temps d’un instant, de l’agitation de la ville.

Un lieu qui n’est pas totalement sauvage, mais suffisamment dépaysant pour surprendre.

Et finalement, si cette petite mésaventure a un peu terni le moment, elle sera, une fois digérée, à l’origine d’un fou rire mémorable.

 

Zakrzówek, lac, cracovie

 

L’après-midi est consacré à la visite du Auschwitz-Birkenau.

Le site se compose en deux parties : Auschwitz I, ancien camp de concentration, et Auschwitz II-Birkenau, devenu un camp d’extermination. La visite guidée en français dure environ 3h30, je vous conseille de la réserver en amont.

Auschwitz-Birkenau, pologne

 

C’est sans doute l’une des visites les plus marquantes qu’il m’ait été donné de faire ces dernières années. J’avais déjà découvert le camp de Mauthausen, en Autriche, mais ici, l’ampleur du lieu et de ce qui s’y est déroulé frappe immédiatement.

Il est difficile de mettre des mots sur ce que l’on ressent. L’histoire qui s’est écrite ici dépasse tout entendement.

J’appréhendais cette visite, je l’avoue. Je pensais en ressortir submergée par l’émotion, comme cela avait été le cas à Mauthausen.

Et pourtant… La visite, très encadrée, presque chronométrée, laisse finalement peu de place à l’expression des émotions. Notre guide, volontairement distante, déroule les faits avec sobriété. Peut-être est-ce nécessaire, pour permettre à chacun de recevoir ces lieux à sa manière.

Auschwitz-Birkenau, pologne

 

Certaines salles m’ont malgré tout profondément marquée. Celles où sont exposés les objets personnels des déportés : des valises, des lunettes, des montagnes de chaussures… et, plus bouleversant encore, celles d’enfants…. M’ont serré le cœur comme jamais.

Auschwitz-Birkenau, pologne

 

Des traces concrètes, silencieuses, qui rendent l’histoire soudain terriblement réelle. Marcher sur les lieux mêmes où arrivaient les déportés, le long des rails menant aux chambres à gaz aujourd’hui en ruines, donne une autre dimension à la visite. Leur destruction n’efface en rien ce qui s’y est joué.

Ici, plus d’un million de personnes ont été assassinées, en grande majorité des Juifs.

Une visite essentielle, difficile, mais profondément nécessaire… Alors que les derniers témoins directs de cette folie orchestrée par les hommes disparaissent, la transmission de cette mémoire devient plus que jamais indispensable.

Auschwitz-Birkenau, pologne

 

Jour 5-6 Cracovie

cracovie, printemps

 

La Vistule s’écoule paisiblement sous la lumière encore fraîche du matin. Sur ses rives, Cracovie s’éveille doucement tandis que les clochers émergent peu à peu au-dessus des toits. Nous abordons la dernière étape de notre semaine en Pologne: Cracovie, celle qui devait initialement être au cœur du voyage.

cracovie, printemps

 

Cela fait déjà deux jours que nous y logeons, mais, mis à part quelques sorties le soir pour dîner, nous n’avons pas encore réellement pris le temps de la découvrir, préférant consacrer les premiers jours aux alentours de la ville pour profiter jusqu’au bout de la voiture de location, rendue la veille après notre visite d’Auschwitz.

Notre (très) bel appartement se situe en plein cœur de Kazimierz, le quartier juif historique de Cracovie, lieu de mémoire devenu repaire des artistes, intellectuels et rêveurs. Un quartier vibrant, en pleine effervescence, où food-courts , street-art, cafés et boutiques branchées côtoient synagogues et cimetières. Ce matin, on longe donc les bords de la Vistule. Quelques joggeurs et promeneurs nous accompagnent, parcourant les rives encore fraîches, égayées par les cerisiers et magnolias en fleurs.

cracovie, bords de la vistule

Très vite, la colline du Wawel s’impose, immanquable.

Véritable symbole de la Pologne, elle fut pendant des siècles le cœur du pouvoir royal : résidence des rois, lieu de couronnement et de sépulture. Le château, mêlant styles gothique et Renaissance, domine la ville tandis que la cathédrale, elle aussi chargée d’histoire, veille sur les rives de la Vistule. Ses différents styles architecturaux témoignent des époques qu’elle a traversées.

Cathédrale de cracovie Cathédrale de cracovie Cathédrale de cracovie Cathédrale de cracovie

 

De ses cloîtres à ses chapelles richement décorées, jusqu’à l’ascension vers les cloches, que nous découvrons un peu par hasard ; la visite réserve de belles surprises. Une fois en haut, un panorama magnifique s’ouvre sur la ville et les toits de Cracovie.

 

colline du wawel, cracovie colline du wawel, cracovie

 

On découvre Cracovie au fil de nos pas, nous laissant porter de place en place, de ruelle en ruelle, les clochers pour seule boussole.

J’aime ces errances désorganisées, ces city trips où l’on se laisse surprendre, avec seulement un ou deux objectifs en tête… (car on ne va pas se mentir, on aura toujours repéré quelques incontournables en amont).

Le centre de Cracovie s’y prête parfaitement.

 

cracovie

 

J’adore ainsi tomber, au détour d’une rue, sur l’Église Corpus Christi, y entrer librement, admirer son autel tout en dorures ou sa chaire sculptée, presque prête à prendre le large. Être happée par ces détails finement ciselés.

Église Corpus Christi, cracovie Église Corpus Christi, cracovie

 

Plus loin, plus tard, les tours asymétriques de la Basilique Sainte-Marie nous guident jusqu’à Rynek Główny, immense cœur médiéval de la ville et l’une des plus grandes places d’Europe. Au centre trônent les halles aux draps, ancien marché marchand reconverti en étals de souvenirs  , tandis que la basilique dévoile à l’intérieur un plafond bleu constellé d’étoiles et un retable gothique spectaculaire, qui ne s’ouvre qu’à 11h50 chaque matin… Un rituel qui attire les foules !

 

basilique sainte marie de cracovie basilique sainte marie de cracovie basilique sainte marie de cracovie

 

La lumière de fin d’après-midi vient adoucir les façades, les terrasses se remplissent, on suit la tendance autour d’un chocolat chaud tandis que la ville semble ralentir doucement…

Rynek Główny, Cracovie Rynek Główny, Cracovie Rynek Główny, Cracovie

 

Notre seul véritable impératif pour ce dernier week-end à Cracovie ? La visite de l’Usine Schindler.

Ce nom vous parle ? Il évoque forcément quelque chose. L’histoire d’Oskar Schindler, rendue célèbre par le film La Liste de Schindler de Steven Spielberg, fait aujourd’hui partie de la mémoire collective.

usine schindler, cracovie

 

Aucune de nous n’avait vu le film, mais les retours sur la visite sont unanimes : immersive, parfois dense, elle permet surtout de mieux comprendre l’histoire de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, et d’approcher la réalité du génocide qui a frappé une grande partie de la population, notamment juive.

Les chiffres donnent le vertige : sur environ 3,3 millions de Juifs polonais avant la guerre, près de 2,9 millions ont été exterminés.

 

usine schindler, cracovie usine schindler, cracovie usine schindler, cracovie

 

L’ancien cimetière juif ou encore la place des Héros du Ghetto, avec ses grandes chaises dispersées sur l’esplanade, rappellent les événements tragiques liés à la liquidation du ghetto. Des lieux de mémoire et de recueillement, témoins d’une communauté autrefois très présente à Cracovie, aujourd’hui presque disparue.

 

place des Héros du Ghetto

 

En ressortant de l’usine Schindler, l’ambiance paraît presque différente. Comme si la ville, derrière ses façades colorées, son effervescence et ses arbres en fleurs au printemps, révélait soudain une autre profondeur.

On marche un moment sans vraiment parler, laissant doucement retomber le poids de cette visite.

Puis Cracovie reprend peu à peu sa place autour de nous : le bruit des tramways, les conversations qui s’échappent des cafés…

 

 

Pour nos dernières heures ici, on choisit alors de ralentir. Flâner encore un peu dans Kazimierz, rapporter quelques souvenirs (des krowki et du chocolat Wedel), profiter d’un dernier repas polonais à  se damner et savourer une dernière fois cette atmosphère si particulière qui fait tout le charme de la ville. Côté bonnes adresses, retenez ces trois karczmy : Restauracja Po Krakoscu, Goscinna Chata et le Koleczko Café. On y mange bien, local, et chaque semble graver un peu plus l’empreinte de la Pologne dans nos esprits.

 

spécialités polonaises spécialités polonaises

 

Ces six jours en Pologne auront finalement été bien différents de ce que j’imaginais au départ. Entre montagnes encore enneigées, bains fumants, vallées brumeuses, profondeurs mystérieuses, pierogi fondants , lieux de mémoire et ruelles animées de Cracovie, ce voyage nous aura fait passer par mille ambiances différentes, parfois légères, parfois profondément bouleversantes.

 

Rynek Główny, Cracovie

 

Une chose est sûre : la Pologne ne nous a pas laissées indifférentes.

 

 

Auteur

Chloé, 31 ans, blogueuse mais pas que, voyageuse rêveuse et gourmande... Enchantée ! :)

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