Il y a bientôt un an, je m’envolais pour Rhodes.
Il y a des voyages qui répondent à une envie très précise. Pour celui-ci, je rêvais simplement de bord de mer, de soleil et de douceur. Après quelques derniers road trips entre terres et sommets, et une année quelque peu mouvementée, j’avais besoin de chaleur, de journées rythmées par les baignades et de couchers de soleil sur la plage. Une parenthèse simple, lumineuse, stimulante, mais aussi profondément ressourçante.
Si dans mon esprit flottaient les noms de plusieurs destinations, mon cœur aspirait à un peu de nouveauté, et balançait inévitablement en direction de la Grèce, soutenu par mon estomac qui criait tzatziki , feta et moussaka.
Du berceau de la civilisation occidentale, je ne connaissais que Athènes, visitée avec mon frère une quinzaine d’années plus tôt. Depuis, j’avais vu défiler, dans les albums de mes proches comme sur les réseaux, d’innombrables images de road trips en Crète, dans le Péloponnèse ou ailleurs… Autant de paysages lumineux qui me donnaient envie d’en découvrir davantage.
Puis, presque à la dernière minute, Rhodes s’est imposée, pour une semaine estivale entre littoral, villages et chaleur grecque.
Pendant 7 jours, nous avons exploré l’île en étoile depuis Faliraki, en alternant farniente et découvertes, plages tranquilles et coins plus animés.
Carte illustrée de mon séjour à Rhodes 🤍
Pourquoi se rendre à Rhodes ?
Rhodes est une destination particulièrement intéressante si vous cherchez un équilibre entre détente et exploration.
La plus grande île du Dodécanèse serait née des amours du dieu Hélios et de la nymphe Rhoda. Ainsi surnommée l’île du Soleil, elle offre un ensoleillement très généreux une grande partie de l’année, permettant de profiter pleinement de la mer, du matin jusqu’au coucher du soleil.
Son premier atout réside sans doute dans la diversité de ses paysages. L’île offre une belle variété de décors : longues plages de sable, criques plus sauvages (notamment sur la côte ouest), vallées boisées, collines arides ponctuées de villages traditionnels.
Rhodes reste relativement facile à explorer, et l’on peut changer d’ambiance en quelques dizaines de minutes seulement.
Mais ce qui fait vraiment la richesse de l’île, c’est le contraste très marqué entre ses différentes zones.
- Le nord : animé, urbain et festif
- La côte est : douce, accessible et très balnéaire
- Le sud : sauvage, venteux et préservé
- La côte ouest : authentique, verdoyante et plus confidentielle
(Je reviens plus en détails sur ces différentes zones et les activités à y mener un peu plus loin dans cet article)
Mais Rhodes ne se résume pas à ses paysages : elle porte en elle une mémoire ancienne, presque palpable, qui se glisse entre les pierres chaudes et les ruelles pavées, une richesse culturelle de fait remarquable , marquée par de véritables trésors antiques. On s’y perd volontiers, comme pour mieux remonter le fil du temps, au pied de remparts imposants et de vestiges qui racontent encore le passage des chevaliers croisés et les empreintes de l’Empire ottoman..
Quand le soleil décline, l’île change de visage. L’été y fait naître une énergie plus vibrante, presque insouciante, notamment du côté de Faliraki, où la nuit s’étire entre musique, rires et lumières de bars animés.
Et puis il y a les saveurs, simples mais pourtant si savoureuses, qui accompagnent chaque instant. Une cuisine ensoleillée, où les légumes gorgés de soleil tiennent le premier rôle, entre salades grecques, mezzés à partager et poissons fraîchement grillés…
Sincèrement, Rhodes m’a offert exactement tout ce dont j’avais besoin l’été dernier.
Plage de Prasonisi, Rhodes (sud de l’île)
Se rendre à Rhodes
Nous avons opté pour l’avion. L’aéroport international de Rhodes-Diagoras, situé à environ 14 km de la ville de Rhodes, est le moyen le plus rapide pour rejoindre l’île. De nombreux vols directs sont disponibles depuis les grandes villes européennes, surtout en haute saison.
D’autres personnes optent plutôt pour la voie maritime, ou en croisière ou par ferry au départ du port du Pirée à Athènes.
Où loger à Rhodes ?
Dernière minute oblige, le choix d’hôtels encore disponibles à des prix corrects s’était quelque peu réduits. J’ai fini par dénicher une offre pour l’Aloe Hotel.
J’ai particulièrement aimé le cadre : les couchers de soleil y étaient absolument magnifiques, et l’espace terrasse/piscine vraiment réussi , au point que j’ai eu du mal à retrouver un lieu aussi agréable en préparant mes vacances de cet été.
Le personnel s’est montré très à l’écoute et réactif au moindre souci, ce qui rend le séjour encore plus appréciable. Le petit-déjeuner est complet, varié, et parfait pour bien commencer la journée.
Les chambres restent assez simples et manquent un peu de finitions, mais certaines disposent même d’une piscine privée, ce qui ajoute un vrai plus.
Enfin, l’hôtel est bien situé et dispose d’un parking, ce qui est toujours pratique pour explorer l’île.
Le ciel en fin de journée 🤍 (Photographie prise devant l’hôtel)
Se déplacer sur l’île
Pour se déplacer sur l’île tout en confort et en liberté, à toute heure du jour ou de la nuit, nous avons opté pour la location de voitures. Nous l’avons louée via BSP-auto, le comparateur que j’utilise systématiquement pour chaque séjour et ce depuis des années, directement à l’aéroport de Rhodes.
Rhodes est également bien desservie par des transports en commun pratiques et économiques, idéaux pour explorer ses sites emblématiques.
Les chèvres, qui ponctuent souvent le paysage sur les routes de Rhodes
Que voir à Rhodes ? Les incontournables
Le nord: entre histoire et plages faciles
Le nord de l’île, autour de Rhodes City, est sans doute la zone la plus accessible… et aussi la plus fréquentée.
La Vieille ville de Rhodes, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un véritable incontournable. Encerclée de remparts impressionnants, elle dévoile un labyrinthe de ruelles pavées, de petites boutiques et de places toujours animées. C’est un lieu qui se découvre sans plan, simplement en acceptant de se perdre. Le Colosse qui a fait sa renommée n’est plus depuis des siècles, mais à son port veillent aujourd’hui un cerf et une biche de bronze. On ne va pas se mentir : en plein été, la foule est bien présente. Mais il suffit de s’éloigner un peu des axes principaux pour retrouver une atmosphère plus douce, presque hors du temps, ou d’y revenir le soir, lorsque la vieille ville change encore de visage, devenant beaucoup plus intime et apaisée, tout en murmurant des légendes oubliées.
Autre pôle important du coin : Faliraki, où nous logions. Plus connue pour sa vie nocturne que pour la beauté de ses paysages, la station reste agréable à parcourir le soir, en toute sécurité, avec de nombreux endroits où s’arrêter pour dîner, festoyer ou simplement profiter de l’ambiance.
Pour résumer, au nord, on trouve principalement :
- une atmosphère animée, festive
- de grandes plages aménagées, sans charme particulier mais vastes, pratiques, et agréables pour la baignade, notamment pour les familles
- une forte concentration de restaurants, bars et hôtels
- les villes de Rhodes City et Faliraki
👉 Attention, c’est la zone qui nous a paru la plus sale, la moins soignée.
Traganou Beach (est de l’île)
La côte est de Rhodes et ses incontournables
La côte est de Rhodes est souvent considérée comme la plus agréable pour la baignade. Protégée des vents, elle déroule une succession de villages et de stations balnéaires, où la mer semble toujours à portée de main. Son littoral offre un accès presque continu à des plages calmes, tantôt de sable, tantôt de petits galets. Une douceur évidente… qui explique aussi pourquoi cette partie de l’île concentre la majorité des visiteurs.
Mais dès que l’on s’en éloigne un peu, un autre visage de Rhodes apparaît.
Dans le cœur sec de l’île, les routes serpentent entre champs d’oliviers et collines brûlées de soleil, où les chèvres errent librement sous un ciel immense.
Par endroits, au détour d’un virage, la mer surgit soudain à l’horizon, un bleu profond et intense qui tranche avec la terre dorée et aride.
Parmi les incontournables :
- Anthony Quinn Bay : une petite crique encaissée, aux eaux très claires, parfaite pour le snorkeling . Mon coup de cœur sur l’île . Nous y sommes arrivés le soir de notre première journée, alors que la lumière commençait doucement à décliner. À ce moment-là, la mer prenait des reflets profonds, et les derniers rayons du soleil accrochaient les reliefs de Rhodes au loin, dessinant leurs silhouettes sur l’horizon. Tout semblait plus lent, plus suspendu, comme si l’île nous souhaitait la bienvenue à sa manière.

- Le point de vue Anthony Quinn Bay, à deux pas de Faliraki, qui permet d’embrasser toute la palette de ses bleus, du turquoise éclatant aux profondeurs presque indigo.

- A proximité, la chapelle de Profitis Ilias surplombe la baie de Faliraki. (A Rhodes, les chapelles sont souvent perchées sur les collines, comme pour se rapprocher du ciel et confier les prières au vent).
- Je n’ai pas eu l’occasion de les visiter, mais les bains de Kallithéa, d’anciennes thermes construits à l’époque italienne semblent être une halte réputée pour se baigner dans un cadre un peu “carte postale” …
- Le monastère de Tsambika : 300 marches (qui paraissent parfois plus nombreuses sous la chaleur) mènent à ce lieu de prière dédié à la Vierge, qui embrasse la mer Egée en contrebas
- Tsambika Beach : une grande plage de sable doré, idéale pour une journée baignade et farniente

- Lindos : sans doute l’un des plus beaux villages de l’île, avec ses maisons accrochées à la colline, ses venelles de blanc vêtues , son acropole dominant la mer … ou même sa baie cristalline. Une vraie carte postale !

- Pour une parenthèse nature, je recommande Seven Springs. Nous avions hésité entre ce site et la Vallée des Papillons (à l’ouest de l’île), optant plutôt pour ce dernier, mais ce site naturel avec des sources d’eau douce constituerait un véritable enchantement.
Le sud : sauvage et préservé
En descendant vers le sud, l’ambiance change progressivement.
La région devient plus sauvage, semi-désertique, moins fréquentée et surtout plus exposée aux vents. Les villages se font plus rares, les routes peu empruntées s’étirent à travers une garrigue desséchée. Les plages y sont plus vastes, parfois plus brutes, et attirent notamment les amateurs de sports nautiques (windsurf , kitesurf…), en particulier autour de Prasonisi, un endroit unique où deux mers se rencontrent, formant une langue de sable spectaculaire.
A voir :
- la plage de Prasonisi: c’est le point de rencontre entre deux mers. Selon la saison, un banc de sable relie une presqu’île où s’affrontent la mer Égée et la Méditerranée. Un lieu spectaculaire, prisé des windsurfeurs et totalement unique.
La côte ouest : nature et authenticité
La côte ouest est sans doute la plus sauvage et la plus préservée de l’île. Nous l’avions réservée pour notre dernier jour sur place, et avons regretté de ne pas nous y être aventurés plus tôt.
Plus exposée au vent (et donc moins étouffante l’été), elle dévoile un visage différent : plus vert, plus abrupt, presque indompté.
Ici, le littoral devient plus rocheux, les plages se font plus rares, et les infrastructures touristiques s’effacent peu à peu, laissant place à des paysages bruts, presque intacts.
C’est la partie de l’île à explorer si vous avez envie de sortir des sentiers battus, de ralentir et de retrouver une Rhodes plus confidentielle.
Des sites comme la vallée des papillons de Rhodes ou encore Kamiros témoignent de cette facette plus nature et authentique.
Parmi les arrêts intéressants :
- Nous nous sommes arrêtés par hasard à Limni Beach, une très belle surprise ! (La plupart des autres plages côté sud-ouest étaient jonchées de déchets ☹ . En remontant, elles se font plus propres !) (Il faut dire que plusieurs plages du sud-ouest nous avaient semblé malheureusement jonchées de déchets ☹️… mais en remontant vers le nord, elles deviennent nettement plus propres.) Quelques rochers affleurent le long du rivage, donnant du relief au paysage et rendant sans doute la baignade un peu plus délicate lorsque le vent se lève. Mais lors de notre passage, la mer était parfaitement calme, presque immobile. Nous en avons profité pour enfiler les masques et partir explorer les fonds , l’eau cristalline laissant entrevoir une multitude de petits poissons.

- Kamiros : les vestiges d’une ancienne cité, tournés vers la mer, dans un cadre paisible et baigné de lumière.
- Kritinia Castle : un château médiéval en ruines perché sur une colline, offrant une vue spectaculaire sur la côte ouest et les îles voisines. Il s’agirait de l’un des plus beaux endroits de l’île pour admirer le coucher du soleil.
- Monolithos Castle : accroché à son rocher, ce château impressionnant qui défie le vent et les temps semble veiller sur une nature encore sauvage. En fin de journée, la lumière dore les reliefs et étire l’horizon à l’infini.

- Fourni Beach : une crique discrète nichée au pied des falaises, parfaite pour une pause baignade après la route ou la visite des châteaux.
- La Vallée des Papillons : dans la fraîcheur d’une vallée préservée, des milliers de Panaxia quadripunctaria viennent se rassembler chaque été, attirés par l’ombre et le parfum des arbres. Un phénomène très surprenant ! Un sentier serpente entre ruisseaux et ponts de bois, au cœur d’une forêt paisible, où le silence n’est troublé que par quelques battements d’ailes.
Autres activités à Rhodes
Au-delà des plages et des visites, Rhodes se prête aussi très bien à quelques activités, notamment autour de la mer.
La plongée et le snorkeling y sont particulièrement agréables, grâce à une eau claire et une belle visibilité. Certaines criques, comme Anthony Quinn Bay, sont idéales pour observer les fonds marins, même sans équipement très technique. Avec simplement un masque et un tuba, on peut déjà apercevoir de nombreux petits poissons et profiter pleinement des nuances de bleu.
Enfin, il est aussi possible de s’échapper en ferry le temps d’une journée vers Symi, une petite île située non loin de Rhodes, et est réputée pour ses maisons colorées et son port pittoresque.
Où manger à Rhodes ?
A Rhodes City :
- Ta Marasia: cuisine grecque généreuse, pleine de saveurs, avec un accueil particulièrement chaleureux . Je n’avais pas particulièrement le moral ce soir-là, et en le constatant, la serveuse nous a offert le dessert !
- (A deux pas, To Stevo avait l’air vraiment très chouette, mais était complet lors de notre venue. Je tiens quand même à le citer)
- Minos Roof Garden: pour une cuisine grecque savoureuse avec, en prime, une vue imprenable sur la ville
A Faliraki :
- Le restaurant de l’Aloe Hotel: une bonne surprise, simple mais efficace, parfait après une journée à la plage.
- Tsittas Pizza Bar: cuisine italienne. L’adresse est très prisée l’été, il faut souvent attendre un petit quart d’heure au bar pour s’y attabler
- Kantas Taverna: une taverne sans prétention où l’on mange une moussaka tout simplement incroyable : un vrai classique, parfaitement maîtrisé ! J’en salive encore !
A Lindos:
Marios’s Restaurant: de délicieuses pitas maison à prix mini, dans un cadre chaleureux et accueillant.
Côté Ouest :
Petrokavaro : une découverte totalement improvisée, au détour de la route, alors que la faim commençait sérieusement à se faire sentir. Et quelle surprise ! Une cuisine généreuse, des assiettes presque démesurées, et cette sensation d’être tombés sur une adresse locale comme on les aime.
Mes coups de cœur sur l’île
- Anthony Quinn Bay : Les criques encaissées, les reliefs environnants et les nuances de bleu y sont tout simplement incroyables. Le point de vue éponyme, juste au-dessus, est lui aussi à ne pas manquer… totalement époustouflant !

- La côte Ouest de l’île dans son ensemble, ses paysages bruts, sauvages, plus verdoyants. Tout ce que j’aime ! Entre Limni Beach, le château de Monolithos à la golden hour, ou encore la Vallée des Papillons, j’ai été tour à tour conquise par cette facette plus authentique de l’île.
- Rhodes City: malgré l’affluence en été, j’ai réellement apprécié m’éloigner un peu des grands axes pour remonter le temps au cœur des murailles de la ville.
- Lindos: sans doute l’un des plus beaux villages de l’île, avec ses maisons blanches accrochées à la colline, son acropole dominant la mer et sa baie aux eaux cristallines en contrebas… une véritable carte postale.
- La vie nocturne à Faliraki : sécure, bon enfant, j’ai passé de très bonnes soirées entre bars, discothèques et déambulations tranquilles dans les rues animées.
- Les adresses gourmandes : on m’avait prévenue, la nourriture grecque ne déçoit jamais. En dépit de mes doutes quant à cette affirmation, je me suis tout bonnement régalée pendant une semaine et me languis d’y goûter à nouveau !
Je conclus cet article avec quelques clichés de Lindos 🤍























